Jen et Charlie

Jen et Charlie cumulent ensemble 7 années de service à titre d’employées et de bénévoles chez Face à Face. Jen y a fait ses débuts alors qu’elle était étudiante, tandis que Charlie s’est jointe à l’organisme en tant que bénévole. Leur engagement envers l’organisme et les gens avec qui elles ont été appelées à travailler les ont amenées à jouer différents rôles. Charlie a également été coordonnatrice des bénévoles et chargée du recrutement, de la formation et de la supervision de l’équipe clinique de bénévoles. Pour sa part, Jen s’est impliquée à fond dans le réseautage avec des organismes partenaires et des fondations, en plus d’organiser et d’actualiser la banque de données sur les ressources de Face à Face qu’utilise actuellement l’organisme.

Elles ont terminé leurs études et ont entamé leur carrière professionnelle. Malgré leur horaire chargé, elles sont toujours dévouées devant la mission de Face à Face. Jen, qui œuvre au sein de la communauté, considère Face à Face comme une « ressource alliée », un centre où trouver de l’information, obtenir des consultations et, surtout, pour diriger les clients vers les ressources appropriées. Charlie, qui occupe un poste de conseillère pédagogique tout en complétant son doctorat en psychologie du développement, est tout à fait d’accord avec les propos de Jen.

Les compétences qu’elles ont acquises durant leur passage à Face à Face les ont aidées à développer leur identité professionnelle et ont renforcé leur passion à travailler avec les gens. Elles se souviennent d’avoir approfondi et raffiné leurs habiletés interpersonnelles, leur écoute active et leurs compétences en intervention de crise, sans compter qu’elles ont découvert une mine de ressources qui les aident aujourd’hui dans leur travail. Jen et Charlie n’ont que des éloges à l’endroit du réseau d’amis et de collègues que constitue Face à Face. Travailler avec des groupes marginaux, des individus vulnérables n’est pas chose facile, mais Face à Face regroupe une équipe extraordinaire qui travaille pour le plus grand bien de tous et adopte une approche humaine, attentionnée et d’auto-prise en charge. À la question « Comment parvenez-vous à décrocher? » – devant les situations difficiles, les rencontres déchirantes –, elles poussent un soupir et sourient. Jen mentionne que le fait de marcher pour retourner à la maison l’aide à faire le vide et qu’elle s’efforce de se changer les idées entre les quarts de travail. Quant à Charlie, elle apprend à faire confiance à ses clients, elle souligne comment ils ont toujours l’air d’aller mieux le matin malgré les bouleversements de la veille. Mais lorsque les journées sont particulièrement difficiles, on peut toujours compter sur l’équipe. Ils veillent les uns sur les autres et se préoccupent du bien-être de chacun. « Face à Face, c’est une grande famille », déclare Jen. Au-delà des compétences et des gens, il y a « l’ambiance qui règne ici chaque jour », ajoute Charlie. Toutes deux conscientes des grandes difficultés auxquelles est présentement confronté Face à Face, un enjeu financier qui pourrait empêcher l’organisme de continuer à offrir des services, Jen et Charlie exhortent la population à poser un geste concret pour appuyer Face à Face. Nous nous devons de préserver à tout prix cet organisme communautaire. C’est pourquoi elles participent à toutes les levées de fonds et elles vous invitent à en faire autant. Jen et Charlie sont à l’image de la communauté que l’on retrouve chez Face à Face.


Écrit par Emma Telaro

Mike Palmer

Mike Palmer est directeur général de la Fondation des services communautaires catholiques, un organisme sans but lucratif propriétaire du bâtiment où est présentement situé Face à Face. Lorsque l’an dernier Centraide a soudainement décidé de retirer son appui financier à l’organisme Face à Face, ce dernier s’est vu contraint de trouver un autre local. Il va sans dire qu’il est souvent très difficile pour un organisme à but non lucratif de trouver des locaux. Or, Mike s’est montré extrêmement accueillant. Il a choisi d’aider Face à Face parce que cet organisme incarne la mission même de la fondation qui consiste à soutenir les organismes par l’entremise de ses infrastructures pour ainsi contribuer à transformer des vies. La fondation a créé un modèle unique, un « espace partagé », où elle loue des locaux à des organismes dans le besoin, plutôt que de privilégier ceux qui peuvent se payer les loyers faramineux du centre-ville. Ce faisant, ils ont réussi à redéfinir la vocation d’un immeuble. Voilà une rareté qui mérite d’être préservée : un modèle d’affaires qui vient en aide aux organismes sans but lucratif. La fondation a développé un espace pour permettre à des groupes de bienfaisance de former une collectivité pour ainsi s’entraider. L’immeuble où se trouve Face à Face regroupe 25 organismes, une communauté dynamique composée d’individus et de groupes qui, en dépit de leurs missions distinctes, se soutiennent les uns les autres. Lorsqu’on a demandé à Mike la contribution de Face à Face envers la communauté, il a répondu tout simplement : la vie. Quiconque pénètre dans l’immeuble est immédiatement empreint de cet esprit communautaire qui y règne. « Ce qu’il manquait vraiment, c’était un fournisseur de services… et maintenant, nous en avons plusieurs. Il y a des gens, de l’action, des situations difficiles, du travail est accompli au sein de la communauté. Mike invite vivement la population à apporter son soutien à Face à Face pour l’aider à surmonter ses difficultés financières – une situation qu’il connaît trop bien étant lui-même directeur d’un organisme sans but lucratif. Il admet que « ce n’est pas facile d’aider les gens et de transformer leur vie, et qu’un tel organisme mérite tout le soutien possible ». Il a tout à fait raison. Merci infiniment Mike pour ton appui soutenu.

Écrit par Emma Telaro

Approche axée sur la réduction des méfaits

Face à Face connaît du succès dans ses interventions grâce à son approche : un cadre clinique humanisant qui préconise l’approche axée sur la réduction des méfaits. Cette approche vise à diminuer les préjudices liés à des comportements à risque en impliquant activement les individus dans leur propre cheminement. Des mesures d’accompagnement incitent les individus à identifier eux-mêmes les comportements négatifs et à les éliminer progressivement, jusqu’à ce que leur mode de vie soit exempt de préjudices. S’il est vrai que cette approche n’est pas toujours bien reçue, il n’en demeure pas moins que son taux de réussite est supérieur aux modèles médicaux traditionnels, et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il s’agit d’une méthode qui s’attarde aux systèmes d’oppression – les conséquences du racisme, du capacitisme et des inégalités socio-politiques et fondées sur le sexe – et qui en tient compte dans l’élaboration de stratégies de rétablissement. La directrice de Face à Face, Grace Fontes, indique que « les gens ne se lèvent pas le matin en se disant qu’ils ne veulent pas faire partie d’un grand tissu social. Au contraire, mais le problème c’est que la vie nous réserve des surprises, parfois indépendantes de notre volonté. » Le rôle de Face à Face est d’aider ces individus à reprendre le contrôle. Peu de gens demandent à leurs clients « Que voulez-vous? Qu’est-ce qui pourrait vous aider? » et, plus important encore, « Qu’est-ce que cela signifie pour vous? » Ce sont des questions comme celles-là qui permettent aux individus de prendre en main leur propre rétablissement, en insistant sur l’autonomisation, l’autodétermination et la dignité individuelle. Il ne fait aucun doute que cette approche fonctionne : Face à Face réalise plus de 22 000 interventions chaque année et regroupe 200 bénévoles qui consacrent annuellement plus de 10 000 heures de bénévolat. Cette approche est sous-financée, mais elle donne de bons résultats. Comme le dit si bien Grace, « Ce que nous faisons, nous le faisons bien. Ce dont nous avons besoin en ce moment, c’est du financement. » L’organisme se doit désespérément de remplacer le financement qu’elle a perdu pour continuer à répondre efficacement aux besoins de sa clientèle. Les petits organismes sont bien souvent au cœur des collectivités et accomplissent un travail louable avec bien peu de moyens. Face à Face est du nombre. L’organisme est méconnu des grands donateurs, mais pour les 20 000 individus qui font appel à ses services chaque année, Face à Face accomplit un travail inestimable. C’est grâce au bouche à oreille que Face à Face a réussi à survivre toutes ces années.

Devant l’approche inclusive et orientée vers les solutions que privilégie Face à Face, Grace a bon espoir que « nous parviendrons à trouver des alliés pour continuer à faire ce que nous faisons ».

Écrit par Emma Telaro

L’histoire d’Alfred

C’est tout à fait par hasard qu’Alfred a découvert Face à Face. Il venait à l’époque d’être libéré de prison lorsque « Café gratuit » affiché sur la porte de l’organisme a attiré son attention. Vingt-cinq ans plus tard, il vient encore y faire son tour. « Je vais chez Face à Face pour leur dire que je suis toujours vivant et pour les embêter, pour mettre un sourire sur leurs lèvres », dit-il à la blague. Alfred est présentement hospitalisé. Il souffre d’une grande faiblesse cardiaque. Tout au long de l’entrevue, il fait souvent une pause pour reprendre son souffle. Malgré tout, le moral est bon. C’est un homme direct, drôle et un survivant. Il entretient une loyauté inébranlable envers Face à Face. Il saisit bien l’impact de cet organisme, ayant lui-même bénéficié des services qui y sont offerts.

Au cours des 25 dernières années, il a fait appel à cet organisme à maintes reprises. Confronté à l’adversité pendant la majeure partie de sa vie, il a eu de la difficulté à s’installer dans un endroit propice à son rétablissement et à son équilibre. Il a vécu dans la rue, en appartement, dans des motels et ce cycle s’est perpétué. Face à Face l’a toujours appuyé, écouté, guidé et soutenu. Depuis, il est devenu en quelque sorte le porte-parole officieux de l’organisme en acceptant de prendre la parole dans le cadre de leurs activités de levée de fonds. Il s’engage à prendre part aux événements à venir, « même si je suis hospitalisé, je trouverai le moyen de me déplacer ». Il s’exprime d’un ton calme, mais il a de la difficulté à parler en public. Souvent, son passé refait surface lorsqu’il prend la parole – un passé ponctué de sévices et marqué par le décès de sa sœur qui le hante toujours. « Je travaille là-dessus », dit-il. Malgré ces traumatismes, Alfred choisit tout de même de partager son histoire, et ce, en raison de sa mission : « Je veux m’assurer que Face à Face continue d’exister ».

Pour Alfred, Face à Face a transformé sa vie. Il s’y sent en paix et y a rencontré des gens en qui il a confiance. C’est, dit-il, « le seul organisme qui me traite avec dignité et qui voit en moi bien plus qu’un individu ayant des problèmes ». « C’est la meilleure façon de résumer l’incroyable côté humain de cet organisme – ce qui le distingue des autres fournisseurs de services et qui justifie qu’il soit maintenu ».

Écrit par Emma Telaro